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Rencontres
9/10/2017

Au saveur de la Ruche - Miel du Jura

Pascal Hainigue, Chef Pâtissier du restaurant Le Baudelaire, s’est penché ce mois-ci sur la petite entreprise jurassienne « Aux saveurs de la Ruche », dirigée par Mr Maillet-Guy Sébastien, apiculteur. Passionné par son métier, il nous révèle les secrets des abeilles et du miel.


Pascal Hainigue :
D’où remonte et d’où vous viens cette passion pour le miel ?‌

Guy Sébastien Maillet :
Plus jeune, à l'âge de 13 ans, il y a donc 21 ans, des amis ont eu l'idée d’acquérir 1 ou 2 ruches, j'ai voulu faire pareil en m'offrant ma 1ère ruche. Ce fût vraiment le début de cette grande passion pour l'apiculture.


Pascal Hainigue :
Quand avez-vous lancé votre entreprise, et quelle en est l’évolution au niveau de la production ?

Guy Sébastien Maillet :
D'année en année le cheptel s'agrandissait jusqu’à atteindre une vingtaine de ruches. Mais il y a 5 ans, en 2012, j'ai décidé d'avoir beaucoup plus de ruches. J'ai ainsi à ce jour environ 140 colonies. La production a évidemment explosée, je suis passé de quelques kilos à plusieurs tonnes.


Pascal Hainigue :
Aujourd’hui combien de tonnes de miels produisez-vous par an ?

Guy Sébastien Maillet :
Malheureusement les saisons sont très aléatoires. A titre de comparaison, en rendement par ruche, en 2014 nous avons eu 20kg/ruche, en 2015 85kg/ruche, en 2016 10kg/ruche et en 2017 57kg/ruche.


Pascal Hainigue :
Environ combien d’abeilles travaillent pour vous ?

Guy Sébastien Maillet :
Une ruche en pleine saison peut compter jusqu’à 80 000 individus.


Pascal Hainigue :
Comment se déroule une journée d’apiculteur ?

Guy Sébastien Maillet : C'est assez difficile de répondre à une telle question car les interventions sont vraiment multiples au fur et à mesure que la saison avance. On pourrait plutôt parler des actions de l'apiculteur au cours de la saison. Pour vous expliquer simplement, je vais vous dérouler les étapes du mois de mars jusqu’à septembre-octobre :

La première étape consiste à la mise en place de nouvelles cires à l’intérieur des ruches pour l’hygiène de celles-ci et la préparation des colonies pour les futures miellées (ndlr: la miellée correspond à un pic d'activité des essaims d’abeilles au cours duquel la production de miel est la plus intense). En effet, le but recherché est d'avoir le plus de butineuses possible pour la 1ère miellée qui est l'acacia dans le Jura. Puis, dans un second temps, vient la création de nouveaux essaims pour l'année suivante à partir de ruches très fortes afin d’éviter qu'elles essaiment et donc compromettent la récolte de miel. Cette étape est primordiale lorsqu’on sait qu’une ruche qui essaime ne produira qu’un quart ou tiers de ce qu'elle aurait pu produire. Dans un troisième temps, on installe les hausses qui sont le lieu de stockage du miel par les abeilles retiré par l'apiculteur. Puis vient, l’extraction du miel à la fin de chaque miellée pour séparer les miels. Enfin, à partir de mi-août, je procède à la mise en hivernage des colonies et à partir de mi-octobre, je ne fais plus aucunes d'interventions sur les ruches, je les laisse tranquille jusqu'aux mois de février-mars. C’est à cette même période que je m’occupe de la vente de la récolte, c’est-à-dire principalement du mois de septembre à mars.


Pascal Hainigue : Implanté dans le Jura, comment faites-vous pour produire du miel de lavande (et depuis quand) ?

Guy Sébastien Maillet : L'année dernière en 2016 l'année a été tellement catastrophique qu'il fallait coûte que coûte que je sauve ma saison. J'ai donc décidé de tenter une grande transhumance en Drôme provençale à Sainte-Jalle pour faire du miel de lavande. Très content du rendement qu'elles avaient eu l'an dernier j'y suis à nouveau retourné cette année... Il faut dire que le paysage est tellement magnifique lorsque les lavandes sont fleuries, que ça donne du courage pour descendre les ruches !‌


Pascal Hainigue : Faites-vous du miel crémeux, si oui, comment ?

Guy Sébastien Maillet : Oui, il faut ensemencer le miel liquide avec du miel déjà crémeux. Il faut savoir que 2 ou 3 kilos de miel crémeux suffisent pour ensemencer une centaine de kilos de miel liquide. Il faut ensuite le brasser pour incorporer de l'air au miel afin qu'il reste crémeux une fois dans le pot.


Pascal Hainigue : On entend bien souvent parler de la disparition progressive des abeilles, quelles sont vos idées pour limiter les dégâts ?

Guy Sébastien Maillet : Personnellement, je crée des essaims ce qui a pour but aussi de faire perdurer cet insecte dans le temps, de le multiplier... Seulement je crains que les lobbys fabricants de pesticides ou autres insecticides ne soit trop puissants pour nous, pauvres petits apiculteurs. Comme souvent c'est au sommet de l’État que tout cela se décidera...


Pascal Hainigue : Parfois le miel cristallise dans le pot, que pouvons-nous faire, et combien de temps peut-on  conserver du miel ?

Guy Sébastien Maillet : Il est tout à fait normal que le miel cristallise, et j'ai envie de dire qu'il serait inquiétant qu'il ne cristallise pas. Seuls les miels d'acacia et de sapin cristallisent très très lentement, les autres miels cristallisent tous plus ou moins rapidement. Le miel ne se périme pas, si son hygrométrie est parfaite et s’il est stocké dans de bonnes conditions, il n’évolue pas/plus.

 

 

Informations :

Mr Maillet-Guy Sébastien
Aux Saveurs de la Ruche
525 chemin de la poste "La Lieme"
39570 Pannessieres.
Tel : 06 85 68 70 29

https://www.facebook.com/auxsaveursdelaruche/

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